DRECK (SALETÉ) - Robert Schneider

Création Novembre 2018

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Un homme est assis sur une chaise. «Je m’appelle Sad, j’ai trente ans. En Anglais, Sad veut dire triste. Je ne suis pas triste. Sad, et ensuite ? ».  Sad est un sans papiers.  Il a quitté l’Irak pour tenter sa chance en Allemagne. Pour survivre, il vend des roses dans les cinquante-huit restaurants de la ville qu’il sillonne chaque nuit. « Plus je vous regarde, plus ma culpabilité augmente». Loin de se disculper, il fait sien le regard des autres. 

 

Comment trouver sa place dans cette Allemagne dont il avait tant rêvé ? La nuit tombe. C’est l’heure d’aller vendre des roses... Sad s’adresse à nous. Avant de partir, il dit comprendre la haine de ceux qui le rejettent. Désespoir ? Cynisme ? Provocation ? Sad veut se mettre à notre place. Et si en l’écoutant, nous nous mettions à la sienne ? Dreck (Saleté) est un texte puissant, magnifié par une langue incandescente et sans concession.  

Jeu MATHIEU BESNIER - Collaboration artistique ADELINE BENAMARA - Lumières PIERRE LANGLOIS - Son BENJAMIN FURBACCO - Scénographie BENJAMIN LEBRETON - Administration Production AURÉLIE MAURIER (Le Bureau éphémère). Traduction : Claude Porcell. ©L’Arche éditeur. Avec le soutien de la DAAC du Rhône et de la DRAC Auvergne-Rhône-Alpes. Avec le soutien de RamDam, un centre d'Art.

Dossier du spectacle

Du 21 au 26 NOVEMBRE, 19h30 (Samedi  24, Dim 25 à 16h30) - Théâtre des Clochards Célestes, Lyon 

Les 29, 30 NOVEMBRE, 20h30 (représentation scolaire le 30, 14h) - le 2 DÉCEMBRE, 16h30 - Théâtre du Verso, Saint Etienne

Le 10 Janvier 2019, 20h30 - Théâtre du Vellein, Villefontaine (38) 

LA PRESSE

[…] Du lointain jardin jusqu’à la face cour, un couloir est dessiné par du lino rouge et noir. À l’image de cette diagonale, la pièce est une traversée. Le calme initial n’est que de surface. Au fur et à mesure de ses confessions, l’homme craque, ouvre des brèches, se livre. La scénographie évoque cette blessure qui s’ouvre et se ferme […]. Écrite en 1992, la pièce est brûlante d’actualité. Elle aborde l’immigration sous un angle inattendu : le personnage n’est en apparence ni critique ni révolté.[…] La perte crée un état d’incertitude, de doutes et d’entre-deux que la mise en scène de Thomas Poulard prend le temps de creuser, accompagnée par l’interprétation de Mathieu Besnier, insaisissable. La direction d’acteur assume en effet les ambiguïtés du texte, le jeu du comédien oscillant entre une vive incarnation et une prise de distance. L’apprêté du plateau comme la crudité des lumières accompagnent un texte aride dont la mise en scène en 2018 paraît tout à fait judicieuse.

LES NOUVELLES RÉPLIQUES - S. Titon du Tillet

 

[…] La mise en scène parvient à nous faire entrevoir l’itinéraire de cet homme qui tente de se faire accepter […] Toute cette première partie laisse une impression de malaise. Sad joue devant nous « le bon Allemand », l’élève plein de gratitude pour un pays qui l’accueille… « du bout des doigts, du bout des lèvres ». Puis, brusquement, tout bascule […]., Il n’aura fallu qu’une étincelle pour révéler au grand jour la tentation du repli, la méfiance vis-à-vis de l’étranger, les relents d’une idéologie sur laquelle on pensait avoir tiré un trait […]. Et c’est là que le texte de Robert Schneider est intéressant. Le spectateur entend les discours de haine sourdre des propos de Sad. […] Syndrome de Stockholm ? Cette seconde partie,glaçante, est interprétée avec beaucoup de justesse par le comédien : à travers nous, c’est la détresse et le désespoir de Sad qui s’expriment, et, en filigrane, le sentiment que quelque chose d’irréconciliable se fraie un chemin dans les consciences. 

LES TROIS COUPS - Trina Mounier